• Katell Magazine

Coup de foudre à la ferme

Elle est éleveuse, chargée de com, rédactrice et commerçante. Elle est au pré et à la boutique à la fois, passionnée par une entreprise qui a aujourd’hui 26 ans. Une réussite familiale née sur un coup de foudre et nourrie d’un rêve qu’elle n’a jamais lâché. Escale au Haut-Corlay.



Quand j’arrive, Anne-Marie est devant l’écran 21 pouces de son Mac, affairée à la mise en page de son nouveau catalogue. Initiée par son fils, l’outil créatif l’enthousiasme, même si elle reconnaît que « c’est du boulot ». Elle est de ces entrepreneures qui maitrisent leur outil de production de A à Z. L’agronome et biologiste de formation exerce un métier qui regroupe toutes ses passions : l’agriculture, la créativité, le commerce. Anne-Marie est issue du monde agricole et a su, très tôt, qu’elle voulait être éleveur. Elle rencontre Bernard : « la colombe était trouvée, le nid était là », rit-elle. Ils nourrissent les mêmes ambitions, deviennent chefs d’exploitation tous les deux créant leur EARL en 1990 à la reprise de la ferme familiale. « Une exploitation avec des bovins, des poules pondeuses et des cultures ». Pas de quoi chômer. Investie dans le Comité d’Embellissement des Fermes, elle va rencontrer des éle veurs de chèvres angora à Querrien : « J’ai un coup de foudre indescriptible, c’est la découverte de ma vie ! ».

montée en p uissance progressive. Celle qui s’avoue kinesthésique est charmée par cet animal « presque de compagnie assez petit pour être papouillé ». A l’écouter, Bernard sourit. Il f aut dire qu’à l’époque, quand sa femme est rentrée et lui a avoué vouloir se lan cer dans l’élevage de chè vres angora, il est resté sceptique. Anne-Marie replace dans le c ontexte : « il y a 26 ans, personne ne parlait de vente directe à la ferme et l’agrotourisme faisait ses premiers pas ». La filière commençait tout juste à naître en France, les pionniers bretons étaient à Querrien. Dans leur entourage, personne n’y croyait vraiment. « Tout le monde était flippé mais pas moi ». Anne-Marie ne lâche rien, elle met deux ans à convaincre son mari tout en peaufinant le projet. Dix petites chèvres finissent par arriver au Haut-Corlay et cohabitent dans un premier temps avec les bovins. « On a choisi de monter progressivement en pu issance. Les quatre premières années nous vendions les pelotes de laine et les p remières écharpes dans la salle à manger ».


700 kg de laine par an. Petit à petit, ils autofinancent leur développement. « Il nous fallait du temps pour nous faire un nom et une clientèle. C’est un projet à rentabilité lente : il faut cinq à dix ans pour avoir un retour sur investissement. Mais cette production me sortait de mon isolement d’agricultrice, je rencontrais des gens ». Le cheptel compte 103 chèvres aujourd’hui et fournit 700 kg de laine p ar an. Le mohair est traité par une coopérative dans le sud de la France et revient ensuite sous forme de p roduits : de la pelote au plaid en passant par le pull, le bonnet, les chaussettes... en fonction de la finesse du fil. L’entreprise bénéficie aussi des compétences des quatre enfants du couple : l’un a mis en place le site internet, l’autre la vidéo, le dernier guide les visites de la ferme et la première travaille à la boutique. «Toutes ces énergies cumulées sont notre réussite ». La ferme du Haut-Corlay exporte dans tous les pays du monde, du Canada à la Chine. 12 000 noms dans le fic ier clients et mieux qu’une newsletter, un magazine pour conter la vie des chèvres : le Biquettes News ! « Je raconte mon année et je pose mes intentions pour la suivante ». Une vie faite « que de choses intéressantes » qu’elle ne semble pas prête à suspendre tout de suite pour une retraite. Preuve vivante qu’il faut « se laisser bercer par ses rêves et aller vers ses aspirations profondes ».

www.mohair-pays-corlay.com

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