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  • Photo du rédacteurKatell Magazine

LA PETITE HISTOIRE... avec Laëtitia



La garçonne


Silhouette longiligne, cheveux au carré très courts, lèvres rouges, chapeau-cloche, robe au-dessus des genoux virevoltant au rythme endiablé du Charleston, la garçonne a marqué les

esprits au point de faire scandale. Pourtant, elle deviendra le symbole de la libération des femmes.


Née au début des années 20, son style si reconnaissable est, en réalité, la somme d’évolutions apparues dès le début du siècle. Sa silhouette élancée, elle la doit à Paul Poiret. En 1907, il propose des tenues rectilignes à l’opposé de celles du moment où le corset impose une taille très fine et des courbes marquées. Cinq ans plus tard, cette nouvelle silhouette s’impose auprès de la grande majorité des couturiers.


Ample et confortable

Mais c’est la Grande Guerre qui va tout bousculer. Les femmes remplacent les hommes partout, pour maintenir le pays en marche. Elles adoptent alors des tenues plus amples et plus confortables. À cause des pénuries et du rationnement, les vêtements de tous les jours raccourcissent et les lignes se font plus droites. À la sortie de la guerre, les femmes veulent conserver cette nouvelle liberté de mouvement. Les années 20 émergentes vont encourager ce basculement. Les horreurs de la guerre ont marqué les esprits. La jeunesse veut jouir sans entrave des plaisirs de la vie. Certaines femmes vont considérablement alimenter ces changements. Elles portent des cheveux très courts avec un carré tranchant laissant la nuque visible, au grand dam de la société conservatrice majoritaire à cette époque qui juge les cheveux d’une femme comme sacrés. Un père ira même assassiner le coiffeur ayant coupé les cheveux de sa fille !


Chapeau-cloche et maquillage

Elles se coiffent d’un chapeau-cloche très bas sur les yeux, dont le nom est raillé. Pourtant, celui-ci est donné à partir de 1909, à tous les chapeaux enfoncés sur la tête. Il laisse apparaître un visage outrageusement maquillé. Apanage des prostituées, ce maquillage marqué fait de la Garçonne une dépravée aux yeux de beaucoup. Mais l’influence des stars hollywoodiennes, telles Clara Bow ou Louise Brooks, change la donne. Pour que leurs visages apparaissent clairement à l’écran, leur maquillage est très prononcé. Tout ça à cause des éclairages très vifs sur les tournages. Les lèvres se font rouges tout comme les joues, et les paupières arborent des fards foncés. Cependant, ce qui frappe le plus est la silhouette élancée et masculine, presque androgyne.


Catalogues et patrons

Les tenues sont dites « sac » parce qu’elles proposent une absence de formes et surtout parce qu’elles sont faciles à enfiler et à ôter. C’est l’émergence du vêtement ample, fonctionnel et moderne. Si la Garçonne est une femme libérée, la plupart des femmes adoptent ce style parce qu’il est simplement à la mode. De plus, avec l’arrivée des catalogues par correspondance proposant des patrons, la simplicité des coupes faciles à reproduire et l’apparition de nouvelles matières imitant les plus luxueuses, le succès est au rendez-vous. Cela va populariser ce style et le dissoudre dans la masse. Aujourd’hui, la Garçonne est l’image d’une jeune femme rebelle et émancipée, faisant fi des injonctions et créant sa propre histoire. Son insolence marquée par sa coupe de cheveux radicale étonne encore par sa modernité.


L’histoire continue sur Instagram / La Collectionographe

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