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  • Katell Magazine

La petite histoire... par Laëtitia

Le New Look


Symbole de l’élégance après-guerre, le New Look relance l’industrie de la Mode avant d’être supplanté par le sportswear américain.



Février 1947, Christian Dior présente sa toute première collection intitulée « Corolle ». Épaules menues et arrondies, taille marquée et hanches épanouies, voilà la silhouette signée Dior. Après le défilé, la journaliste Carmel Snow du magazine américain Harper’s Bazaar s‘exclame : « such a new look ! ». L’expression devient rapidement le qualificatif de la silhouette d’après- guerre.

C’est une rupture avec les années de guerre soumises aux restrictions. La guerre avait imposé une carrure carrée, très militaire, des jupes courtes dues au rationnement et à la pratique intensive du vélo et de la marche à pied.

Le New Look c’est l’affirmation du retour à une féminité idéalisée. Désormais, c’est la reprise d’une vie mondaine exaltée où chaque tenue correspond à un mo-ment de la journée : tailleur du matin, robe d’après-midi, robe de cocktail, de dîner, de soir ou même de grand soir. Avec une importance des accessoires : gants, chapeaux, bijoux, minaudière... L’apogée de l’élégance et d’une silhouette sophistiquée.

Le corps est surtout très structuré, figé, contraint. Sur bien des points, le New Look rappelle la Belle Époque et son rap- port au corps féminin. C’est le retour du corset sous la forme de la guêpière, inventée par Marcel Rochas dès 1946. Les armatures sont intégrées directement aux bustiers des robes du soir. Toutes ces astuces permettent de perdre jusqu’à cinq centimètres de taille. Les tenues sont alors loin d’être pratiques et confortables. Pourtant, toute la société fait en sorte que les femmes suivent cette nouvelle mode. Il faut dire qu’il faut relancer l’industrie textile française mise à mal par la guerre. Et ça marche !


En 1948, la Haute Couture constitue la troisième industrie française d’exportation ! Paris redevient la capitale de la Mode. Le Monde entier suit les collections de Dior, Balmain, Fath. Mais, dès 1950, la silhouette se modifie sous l’impulsion de créateurs comme Balenciaga, Givenchy et sous l’influence du sportswear américain. Leurs créations s’opposent aux tenues du New Look, raides, encombrantes et peu commodes. Désormais c’est : « aisance et liber- té. Tout est souplesse, de la coupe aux tissus ». Paradoxalement, la silhouette du New Look perdure durant toute la décennie 1950, notamment aux USA où elle correspond à une certaine relation au corps pudibonde.

Avec le temps, le New Look devient le symbole d’une époque révolue où l’élégance prime. Mais c’est oublier que sous de jolis atours, cette silhouette est une construction forgée par des accessoires synonymes de contraintes, telles les silhouettes des siècles passés.


L’histoire continue sur Instagram / La Collectionographe

www.lacollectionographe.wordpress.com

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