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LA PETITE HISTOIRE : Une fille à épingler


D’un objet publicitaire et érotique, la pin-up s’est transformée en une femme indépendante et parfaitement maîtresse de son sex-appeal. Par Laëtitia Henry.


Avec l’arrivée de la société de consommation à la moitié du XIXè siècle, la représentation féminine est devenue rapidement un moyen de communication marketing. C’est aux États-Unis que l’ancêtre de la pin-up prend vie en 1887 sous la plume de l’illustrateur Charles Dana Gibson. Grande, mince dont les formes généreuses sont mises en valeur par un corset, la « Gibson Girl » propose, au-delà de sa beauté, une certaine indépendance de pensée et d’agir en 1887 plaisantant ou encore en choisissant l’homme qui lui tiendra compagnie. Elle devient rapidement la personnification de l’idéal féminin américain. Au fil des décennies, les illustrations de femmes à la beauté idéalisée, plus ou moins vêtues, envahissent la presse et les publicités.

Dans les années 30, ces représentations font le succès des pulps magazines et autres dirty comics ainsi que du magazine Esquire. C’est dans ce dernier 1940 que naissent les célèbres « Vargas Girl » et autre « Petty Girl », du nom de leurs créateurs : Alberto Vargas et George Petty. C’est à partir de là que naît, réellement, l’Art de dessiner des pin-up.

Pourtant, il faut attendre 1941 et la guerre pour que le mot « pin-up girl » apparaisse pour la première fois. Il signifie littéralement « fille à épingler ». Les soldats épinglaient au mur ces illustrations de femmes sexy pour se remonter le moral. La pin-up va vite se transformer en « girl next door ». Elle est certes sexy, espiègle mais elle doit être la fille d’à côté, celle que vous croiserez sur le palier de votre appartement, celle que vous retrouverez à la maison en rentrant. La pin-up est cette jeune femme que vous avez laissée en partant à la guerre. Elles deviendront, pour l’Armée américaine, un élément essentiel de bien-être sur le front. Des magazines lui seront consacrés et elles seront peintes sur les carlingues des avions.

Les pin-up vont imposer, dans l’imaginaire collectif, une certaine idée du corps féminin, ce que va accentuer l’arrivée de la photographie couleur. Dans les années 50, elle va vivre son âge d’or, que ce soit sous la plume de Gil Elvgren ou sous les traits de Marilyn Monroe. Elle se retrouve partout même sur les publicités de Coca Cola. Avec le succès des magazines «Playboy » et « Penthouse » à partir des années 60, la pin-up disparaît dans les années 70 pour laisser place aux photos de femmes nues, beaucoup moins glamour.

Dans les années 2000, Dita Von Teese remet au goût du jour l’esprit « pin- up » avec son numéro de Burlesque. Si1950 l’artiste reprend les codes rétro, la pin- up moderne décoiffe ! Celle qui était un tatouage sur les bras des marins est désormais tatouée, piercée et très rock’n roll. En passant au XXIe siècle la pin-up s’est transformée en femme indépendante et active. Tout comme Rosie la Riveteuse, la pin-up est devenue un symbole d’émancipation féminine. Sexy mais terriblement rebelle.

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