• Katell Magazine

Le chef d’entreprise : Guillaume, bien dans ses baskets


24 ans, un master en commerce, le rachat de deux enseignes et deux autres projets en tête... Qu’est-ce qui fait courir le décathlonien Guillaume Colliou ? Pause café entre son départ en vacances et la signature de l’enseigne malouine.


On a la chance de le croiser, entre son départ en vacances et la signature de la nouvelle enseigne qu’il vient de racheter à Saint-Malo. Derrière sa jeune silhouette, casquette vissée sur la tête, la candeur de son sourire et la pétillance de son regard, se cache un chef d’entreprise déjà très aguerri. « Le jour de ma soutenance de master, je signais le prêt à la banque pour acheter l’entreprise dans laquelle je faisais mon alternance », se souvient-il. Le décor est posé. Guillaume a repris Endurance Shop, à Trégueux, en octobre 2020. « Depuis, je me suis concentré sur la restructu- ration et le recrutement. Aujourd’hui, l’équipe compte un CDI et deux alternants. C’était indispensable car, en plus du magasin, nous travaillons beaucoup avec les clubs ».


L'intuition, la base chez un sportif. Il concède être accompagné dans la fonction management et sourit : « recruter, c’est chaud ! ». Mais il a une boussole : l’intuition. « C’est la base chez un sportif. C’est ce qui permet d’avoir un coup d’avance. Il faut de la stratégie, placer les bons pions aux bons endroits, tout en écoutant son intuition ». Elle lui a, d’ailleurs, soufflé une nouvelle idée en faisant le dernier inventaire. Mars 2022, Guillaume reprend une enseigne à Saint-Malo. «J’ai eu connaissance de la vente sur une compétition, je me suis bien entendu avec le gars, ça s’est fait dans la confiance ». Sur cinq personnes intéressées, celui qui concède volontiers être « un brin affectif » fait la différence. Il est retourné négocier 200 000€ à la banque. « L’objectif est de faire progresser le chiffre d’affaires pour passer à deux ou trois salariés puis changer de local ». Il rit. « Je n’y vais pas pour éplucher des citrons sur le banc de touche » !


Jeunesse et légitimité. Comme pour beaucoup, le confinement aura été, pour Guillaume, un déclic. « Je savais que le propriétaire d’Endurance Shop avait envie de vendre, il m’avait proposé de racheter, c’était resté dans un coin de ma tête. À cette période, je rédigeais mon mémoire et je me demandais ce que j’allais faire à la rentrée ». Quelques recherches et un appel à Initiative Armor lui ont mis le pied à l’étrier. « Je voulais un métier plaisir et je m’éclate dans la course à pied ». Son frein : son jeune âge. « J’ai toujours eu envie d’entreprendre mais quand on est jeune, on se pose forcément la question de notre légitimité. Par rapport aux clients mais aussi au banquier!». Il a trouvé l’alternative : il s’entoure. « La première fois, le comptable qui m’a fait mon prévisionnel m’a accompagné. Aujourd’hui, dans les négociations, j’ai un juriste et un avocat. Pour autant, je reste sur le qui-vive, je relis, je relis, je relis... ».


Du sérieux sans me prendre au sérieux. Au-delà des bons résultats financiers, Guillaume savoure le « retour » tout aussi positif de la clientèle sur la jeune équipe : « J’ai rajouté du sérieux sans me prendre au sérieux. Être pros et efficaces dans une ambiance qui nous ressemble. Nous sommes tous sportifs avec une formation spécifique pour les pieds. On a autant d’enthousiasme à trouver une paire de chaussures pour une personne en loisir que pour un sportif de haut niveau ». Des journées de quatorze heures, l’ordinateur sur les genoux sur le trajet des vacances... « C’est fatiguant mais je suis fier d’être là où j’en suis. Je ne crois pas avoir vraiment de talent mais je suis un boute-en-train et je sais mettre les coups de collier quand c’est nécessaire. C’est juste de l’investissement dans mon travail. Le reste de mon histoire, c’est de l’humain. Et mon ambition est de faire en sorte que ce voilier devienne un beau catamaran, rentable, attrayant et facile à reprendre ». facebook & instagram / Endurance Shop Trégueux

3 vues0 commentaire