• Katell Magazine

Les créateurs // Bâches en sacs


Des sacs dans tousformats, trousses, pochettes et

transats confectionnés

avec des bâches publicitaires :

c’est l’entreprise de Loïc Le

Béguec. En plus de la grande

latitude de création, il participe

à la Responsabilité

Sociale des Entreprises

bretonnes.

Visite chez LB Arte Fact.

« Ici tout est récup’, même la déco de la boutique» . Et il en est fier, Loïc ! Dans sa boutique du centre-ville de Saint-Brieuc, il récupère, découpe et coud des bâches plastiques et crée de la bagagerie et des transats. Plus d’une cinquantaine de produits sort de son atelier chaque mois, chacun avec un QR code indiquant la provenance de la bâche. « 100 000 m2 de bâches sont jetés chaque année en Bretagne, explique-t-il, sans compter les bâches de camions et de barnums. Seulement 2% sont recyclés. En travaillant cette matière, qui n’a aujourd’hui aucune filière de recyclage, nous la valorisons sous forme de produits à haute valeur ajoutée ». Car, en plus d’une clientèle de particuliers, LB Artefact tisse des partenariats avec les institutionnels, les associations ou les entreprises utilisatrices de ces bâches. « S’ils le souhaitent, nous transformons leurs dons en produits de communication qu’ils peuvent réutiliser pour leurs clients. Nous contribuons ainsi à leur réponse en matière de RSE ».

une grande latitude de création. « Dans le monde du recyclage, nous sommes dans le réemploi direct. On évite que la bâche soit un déchet détruit, brûlé ou enfoui ». La démarche est à expliquer. Le marché à créer. Un cercle vertueux pour Loïc qui précise être le seul en Bretagne, avec un ESAT de Saint-Malo, à s’être lancé dans cette aventure. Une idée née d’une opportunité en 2014, alors qu’il était artisan voilier. « Un imprimeur vient me voir pour recouper une bâche trop grande. J’avais l’espace et le matériel. Je découvre des imprimés de dingue, je trouve ça magnifique. Il me propose de conserver les chutes ». Loïc se lance, fabrique quelques sacs de voile. « Ça me changeait des voiles, il y avait une grande latitude de création, ça me donnait de l’oxygène. Très vite, j’ai réalisé, en complément, quelques sacs usuels avec l’idée d’attirer une clientèle féminine ». Contraint de fermer sa voilerie, Loïc se rapproche des ateliers du coeur pour faire perdurer la transformation des bâches. « L’expérience sert de test pour la gamme de produits et les prix ». L’idée fait son chemin et il crée son entreprise en 2018. Deux ans plus tard, LB Artefact s’est fait un nom dans le – petit – monde entrepreneurial breton, les partenariats se multiplient. Il récupère aussi des matières pour améliorer les finitions de ses modèles comme un déstockage de tissus de l’armée ou de restes de maroquinerie utilisés pour garnir les intérieurs des sacs. « Seules les fermetures éclair et les anses ne sont pas recyclées ».

une véritable économie. « Depuis cette année, les découpes sont réalisées par un ESAT ». Loïc poursuit : « Le potentiel de la ressource représente un vivier d’une soixantaine d’emplois. C’est une ressource en matière première mais aussi une ressource financière ». De quoi nourrir son ambition à plus long terme : le déploiement d ‘une plateforme de centralisation en Centre Bretagne pour récupérer la matière première et la revaloriser, la création de boutiques-ateliers dans chacun des départements bretons. Son fils Luc, en formation sellerie générale, a rejoint l’aventure et ils sont accompagnés par la Technopole dans leur développement. « Avoir nos propres boutiques, dans notre format avec un ou deux emplois, c’est pouvoir garantir nos prix accessibles. C’est un choix éthique. Au terme de ma vie professionnelle j’aimerais avoir apporté ma contribution pour la planète par le réemploi de matières destinées à la poubelle, avoir participé à en faire une véritable économie, et proposer des emplois où les gens sont respectés ». Filière en création, affaire à su ivre...

www.lb-artefact.com

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