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«Lutter contre la précarité menstruelle, oui à 2000% mais avec un devoir de qualité»







À la prochaine rentrée scolaire, 1500 points de distribution permettront aux étudiantes d’avoir accès gratuitement à des protections périodiques. Claripharm, laboratoire costarmoricain engagé dans le bien-être des femmes pendant leurs règles, participe à ce dispositif contre la précarité menstruelle. Avec les valeurs et les convictions de Clarisse Le Court, sa dirigeante.





Clarisse, que vous inspire cette démarche, en tant que femme ?

«Cela met en avant la misère des femmes qui n’ont pas accès aux protections périodiques et ce n’est pas un constat joyeux. Toutes devraient y avoir accès, sans conditions. Ici, il est question des étudiantes mais c’est vrai aussi pour le milieu carcéral ou d’autres catégories de femmes».


Qu’est-ce qui vous a incitée à répondre aux appels d’offres de ce dispositif qui doit être pris d’assaut par les grandes marques de serviettes périodiques ?

«Nous travaillons déjà depuis deux ans avec des associations d’étudiants et les services de santé d’universités françaises ainsi qu’avec des ONG, en offre commerciale ou en donations de produits. Nous insistons toujours sur la transparence des compositions et les produits réutilisables. Il y a l’hygiène et la santé mais aussi le volume de déchets produit par les serviettes périodiques. Nous souhaitions aussi collaborer avec le milieu carcéral mais la cup n’y est pas autorisée car considérée comme un moyen de transport. Notre nouvelle offre de culotte menstruelle, de serviettes réutilisables ou bio à usage unique nous permettra peut-être d’être utiles à ces femmes. Pour ce qui est de l’appel d’offre, les grands groupes sont des concurrents. Nous sommes fabriquants, nous allons essayer d’y répondre».


L’accès aux protections en libre-service est-il compatible avec l’hygiène intime des femmes ?

«Je suis pour le distributeur mais CONTRE le vrac ! Le vrac, pour moi, est une aberration. Il y a trop de risques de cross contaminations : le métal du distributeur, sa peinture, le fait que l’on puisse prendre une serviette et la remettre puisqu’elles ne sont pas dans des étuis individuels. C’est comme si on mettait des préservatifs à disposition sans qu’ils soient emballés ! Alors, oui à 2000% pour les distributeurs mais avec des règles de qualité dans le respect des directives européennes».


Quelle solution pour que cette démarche soit la plus sécure possible ?

«En tant que fabriquant nous devons répondre à la directive 2001/95/CE, relative à la sécurité générale des produits. Il est de notre devoir de mettre à disposition des jeunes filles des produits conditionnés avec une traçabilité claire, une notice d’utilisation, une date de péremption. S’il y a le moindre problème nous devons pouvoir intervenir sur le lot de produits concerné. L’idéal serait de proposer deux serviettes dans un étui fermé avec une notice et toutes les obligations de labelling. Nous échangeons actuellement avec un fabricant de distributeurs qui rejoint nos péoccupations d’hygiène afin de proposer un système qui ne permette pas de remettre les serviettes dans le distributeur une fois prises. Notre niveau d’exigence doit être le plus haut possible».


Est-il possible de maîtriser son budget en protections périodiques et comment ?

«Les produits réutilisables sont, non seulement, les plus économiques mais aussi les plus écologiques. Chaque Française produit 6kg de déchets par an avec ses protections hygiéniques. Les alternatives sont nombreuses. Et sur ce sujet aussi, pensons au made in France !»

www.claripharm.fr


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