• Katell Magazine

Ma planète // Anne Chaumont

D’éco-Logique est locafab

Une licence d’Anglais, des diplômes post-graduate en management des entreprises, économie et ingénierie, la Vosgienne Anne Chaumont quitte Procter et Gamble pour des questions « éthiques ». Elle dirige une entreprise bretonne pour laquelle elle met en place une réflexion sur les déchets d’usine avant de se lancer dans une activité indépendante « qui avait de la valeur à mes yeux ». Avec Upcycling France Sarl, elle crée ses propres objets et installe sa boutique, D’éco-Logique, à Dinan

Il y a, ici, des sacs en ballons de rugby, des cadres photos issus de bidons en fer, des trousses conçues à partir de prospectus publicitaires, des boucles d’oreilles en plastique de bouteilles, des boites réalisées avec des annuaires... D’éco-Logique, c’est un lieu entre une boutique et un musée. « Parfois j’ai des visites de grands-mères avec leurs petits-enfants qui ressemblent à des leçons de choses, rit-elle. Mais ce n’est pas grave, l’important pour moi c’est qu’ils ressortent en ayant appris quelque chose ou changé de regard sur leur manière de faire. Je ne suis pas une militante le poing levé, l’influence n’a pas forcément besoin d’être à grande échelle. On peut tous faire quelque chose à notre niveau, quel que soit notre niveau d’instruction, d’éducation... ».


Sur le principe locavore. Un jour qu’elle est en visite au salon Maison et Objets, elle réalise que quasiment tous les objets qu’elle a vus pourraient être réalisés avec des matériaux recyclés. « Je griffonne des idées sur des carnets, j’imagine les matériaux et les process. Quitte à ce qu’il y ait de la difficulté, je voulais appliquer le principe locavore à mes créations : qu’elles soient locafab, soit fabriquées à moins de 50 km de chez moi, avec des matériaux recyclés et par un ESAT. L’objet devait être porteur de sens ». Anne dessine et conçoit des luminaires. Elle fait l’inventaire des savoir-faire des ESAT d’Ille et Vilaine et adapte son design à leurs capacités : « qu’ils puissent monter la lampe sans être en contact avec la colle ».


Plus c’est extravagant, plus ça m’intéresse. C’est le succès de son premier marché de Noël à Dinan qui l’incite à créer sa boutique en 2014. « Une boutique éphémère qui dure depuis 6 ans ! Mes produits se vendaient très bien à une clientèle locale. Pour perdurer il fallait que je continue à inventer et créer des objets. J’ai eu l’idée de prendre en dépôt des objets en upcycling. En faisant mes recherches, j’ai découvert un monde fabuleux. Plus c’est extravagant et plus ça m’intéresse ! ». Elle passe aujourd’hui une journée par semaine à faire de la veille pour trouver des nouveautés. La moitié des produits de la boutique est fabriquée localement, l’autre moitié est issue du commerce équitable et solidaire. « Je suis vigilante sur les conditions de travail de ceux qui les créent. On peut recycler des objets et mettre sa santé en danger ». Anne a ouvert une seconde boutique rue du Jerzual. A la logique écologique elle associe une logique économique. « Le principe même de déchet est idiot : pour ne pas faire le ménage, il suffit de ne pas salir. Pour ne pas avoir à recycler, il ne faut pas générer de déchets. Ma démarche est de mettre le recyclage à la portée de tous. Si l’on veut que les gens y adhèrent, il faut que ce soit abordable ».



D’éco-Logique, rue de la Mittrie, Dinan. Facebook / d’éco-logique

70 vues0 commentaire

Posts récents

Voir tout