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Marcel // L'élégance de l'excellence

Karatéka, ceinture noire deuxième dan, homme de lettres et sommelier. Ajoutez à cela une pointe de spiritualité, une once d’humour. Léo Longpré, 32 ans dirige Médithévin depuis plus de deux ans. Une école de dégustation vins et thés « pour passionnés et curieux », la production d’une limonade maison et une expertise qu’il met au service d’un futur grand cru breton. Rencontre.



« Je suis moi-même surpris ». L’homme qui a transposé son intérêt pour le vin naturel dans le monde des limonades fermentées, s’étonne du succès de son essai. « Au départ, c’était juste pour me faire plaisir, pour moi et mes proches. Suivre la fermentation, veiller sur des paramètres comme la pression atmosphérique, c’est un travail oenologique. Puis j’en ai vendu quelques bouteilles sur le marché. Aujourd’hui, c’est une grosse partie de mon entreprise : je livre des particuliers mais aussi des restaurants, des bars, des caves ». Une gamme qui s’inspire de recettes ancestrales. « Les recettes existent depuis que l’homme connaît le secret de la fermentation : le kombucha en Jamaïque ou encore l’eau pétillante de sureau. C’est un processus naturel, équilibre qui apporte de la pétillance sans alcool. Contrairement aux limonades industrielles avec du carbonate artificiel». Et c’est bon pour la santé ! « La limonade naturelle contient des probiotiques qui participent au bon fonctionnement de la flore intestinale ». 7000 litres en deux ans qui nourrissent un projet dont il a visualisé les détails : « Ouvrir ma limonaderie artisanale,

c’est mon projet pour 2021 ».

vin et thé. S’il a poursuivi cette partie de son activité, les confinements et le contexte sanitaire ont stoppé les cours d’oenologie, de cérémonies du thé et autres conférences. Le point de départ de Médithévin. « Je voulais transmettre ma passion dans les deux domaines. La culture du thé en Orient est semblable à celle du vin en Occident : ce sont les mêmes bases avec des terroirs, des sols, des sous-sols, des cépages. Quand on est sommelier en vin, on comprend très vite le thé car le palais est entraîné ». Celui qui pratique la méditation, aimerait aussi proposer « l’expérience de lier la méditation à la dégustation de thé ou de vin. En gardant les pieds sur terre, sans aller dans le domaine spirituel ». Avant de devenir entrepreneur, Léo avait même envisagé de devenir moine bouddhiste : « cela supposait me centrer sur moi, or j’avais des choses que je voulais partager. J’ai toujours à l’esprit que c’est en transmettant que l’on remet en question ce que l’on sait, que l’on commence à apprendre».

un métier passion. Le trentenaire semble déjà avoir vécu dix vies. Il reconnaît avoir tâtonné : passe un bac littéraire, attiré par la philosophie et découvre « le côté raffiné de l’existence humaine », s’inscrit en fac d’anglais puis en fac de sport. « J’ai pris le temps tout en étant sérieux. Je voulais faire un métier passion ». Il va le rencontrer au détour d’un job saisonnier, dans un restaurant. « La Cheffe était passionnée de vin et, lorsque je l’entendais parler, cela réunissait ce que j’aimais. Dans le monde du vin, il y a le mystère de la culture. Le vin touche à la littérature, la philosophie, les sens, les émotions, l’économie. J’ai eu envie de creuser pourquoi il était possible de vendre une bouteille 2000 € ». S’en suivent des études d’oenologie. Puis quatre ans comme sommelier à Londres, dans des restaurants étoilés en France, un passage chez Olivier Roellinger. « J’ai pu former mon palais sur des vins que je n’aurais pas pu acheter ». Retour en Côtes d’Armor, là où il a toujours vécu. « La gastronomie costarmoricaine est assez intéressante. Le littoral avec ses produits de la mer est aussi un vivier de plantes sauvages incroyables. Entre temps, je suis devenu végétarien, j’ai une autre approche de la gastronomie qui a fait naître d’autres accords mets-vin ».

Transmettre. Dans ses derniers challenges : la création d’un vignoble breton « à visée hautement qualitative ». Il y croit à 1000 % ! « Quand on m’a proposé le projet, ça m’a tout de suite parlé. J’ai sillonné la Bretagne à la recherche de terroirs, étudié les sols, visionné l’exposition des terrains et les écosystèmes alentours ». En parallèle il forme le palais du futur vigneron « différents crus, puis les divers cépages que nous avons sélectionnés pour la production, les plus adéquats pour le climat et le terroir breton ». Des vins français de prestige, pour un territoire au climat très spécifique. « Cela donnera un vin unique, dont le caractère ressemblera à son terroir ». Une véritable naissance pour Léo. « J’ai aimé avoir la liberté de donner ma vision, ce que j’estimais être la meilleure démarche pour produire un vin de qualité. J’ai aimé sortir des carcans pour créer ma propre norme ». En résonance avec sa vie de karatéka, dans laquelle il enseigne sa passion aux enfants : « transmettre, ça permet d’aller chercher un autre niveau ». L’élégance de l’excellence, sans aucun doute.

www.medithevin.com

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