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Notes de cœur // Dominique Babilotte

Figure du territoire pour avoir fait naître la coopérative d’activités et d’emplois Avant-Premières et représenté l’Economie Sociale et Solidaire française, Dominique Babilotte compose sa retraite en- chansons. Des ballades pour rendre les gens heureux. Musique !

Il enchaîne les scènes. Il promène son timbre grave et chaud dans différents répertoires : le sien pour la promotion de son dernier album « La Promesse d’un baiser », celui de Reggiani en solo ou celui de Pierre Perret avec la troupe du Café du Canal. Ce matin-là de février, il a la voix couverte, peut-être d’avoir enchaîné les concerts et avalé des kilomètres. Antalgiques et café. « Je suis reparti à zéro il y a quinze ans, j’en vois les fruits aujourd’hui». Le tempo de la maturité : « une maturité d’écriture. J’ai le temps et les moyens pour le faire. Je travaille beaucoup sur les textes, je peux mettre des mois à trouver un mot. La difficulté c’est de réussir à le faire sans tomber dans la prétention intellectuelle. Juste préserver la spontanéité, que ça reste une chanson ».

Plogoff, 100 000 spectateurs. Pianissimo, il déroule le fil de son histoire. Une balade dans le temps où il semble accueillir le hasard et saisir les opportunités de la vie avec une grande simplicité. Il en pince pour la musique depuis l’été 72. « J’assiste à un concert de Gilles Servat, Tri-Yann et Yvon Etienne. J’écoute Servat et je décide d’acheter une guitare. Je vois dans la chan- son le moyen d’expression qui permet de véhiculer autre chose que des histoires d’amour un peu mièvres qu’on entend à la radio ». Le lycéen joue dès que ça se présente « même sur la scène du théâtre de Saint- Brieuc où je n’ai jamais remis les pieds ! », et compose ses premières chansons « engagées » en 1978. Sans cours de solfège ni musique. Sa setlist, il la choisit chez Brassens, Le Forestier, Pierre Perret, Bob Dylan. De crêperies en bistrots et fêtes dans les communes bretonnes, son timbre de voix et « un certain sens de l’adaptation », conquièrent le public. Il se retrouve dans le concert de soutien contre la centrale nucléaire de Plogoff en 79. « On m’avait dit tu seras avec un guitariste du coin. C’était Dan Ar Braz ! Je chante en plein air à la Pointe du Raz, devant 100 000 personnes, entre Glenn Mor et Lavilliers ». Il remporte un tremplin à Guingamp, enregistre un 45 puis un 33 tours, est sélectionné pour le Off du Printemps de Bourges. « Tout cela m’arrive sans stratégie de carrière. Pour moi, avec ce festival, j’avais atteint le max. J’enchaîne avec une tournée en Bretagne mais l’accueil n’est pas bon. J’avais le sentiment que je n’avais pas grand-chose à dire, je n’étais pas intégré à ce milieu très égocentré. En parallèle je construisais ma vie de famille, je pensais que je ne pourrais pas en vivre correctement. J’ai tout arrêté ».

Ebahis, surpris, heureux. Quinze ans plus tard, l’humoriste local Laurent Chandemerle le fait changer d’avis. « Je repars avec des musiciens mais dans une optique amateure. Sept sur scène et Laurent dans les chœurs ! ». On est dans les années 2000, il chante pour le plaisir, réécrit un album. Fin 2018, La Promesse du baiser sera son septième opus. L’accueil est bon, de nouveaux projets se profilent : l’écriture de spectacles autour du répertoire du chanteur fantaisiste Ricet Barrier et de celui de Nougaro. Une partie créative sur laquelle il « s’éclate ». « L’amateur avec une grande conscience professionnelle » n’a qu’une ambition : rendre les gens heureux. « Qu’ils soient ébahis à la première chanson, surpris à la seconde, heureux à la fin. C’est hyper valorisant quand les gens viennent te dire : qu’est-ce que ça fait du bien ! Quand tu entends ça, c’est que tu as réussi ». « Babilotte chante Reggiani ». Toutes les dates : www.dominiquebabilotte.sitew.fr

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