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  • Katell Magazine

UN CAFÉ AVEC... Malo Porée

VALIDES ET HANDICAPÉS : UN CLIMAT DE CONFIANCE

Malo Porée, 28 ans, est membre de l’association des paralysés de France (APF) et investi dans la sensibilisation au monde des handicapés auprès de publics scolaires et professionnels. Il raconte.



Il est... Tourangeau, arrivé en Bretagne il y a cinq ans car une partie de ma famille y vit. Je suis atteint d’une leucodystrophie qui m’in- terdit de travailler car la fatigue dégrade mon état de santé.

Son parcours J’ai un parcours scolaire très classique jusqu’à la 4e. Ensuite, j’ai poursuivi dans un IME, institut d’éducation motrice scolaire et universitaire à Limoges. Après la 3e, j’ai suivi une section pré- parant à la vie sociale. Quand je suis arrivé à Saint-Brieuc, j’ai bénéficié d’un appartement de coordination thérapeutique. C’est un hébergement qui nous permet de tester notre autonomie avant d’emménager dans un appartement « classique » et mener une vie de citoyen à part entière. Je me débrouille ! Je suis suivi par une ergothérapeute, une monitrice éducatrice et j’ai une personne qui vient faire du ménage une fois par semaine. Sinon, j’ai un robot qui fait aussi serpillière ! (rire)

Mission : bénévole à l’APF Je suis bénévole adhérent de l’APF. En échangeant avec eux sur l’accessibilité, ils m’ont proposé d’aller à la rencontre d’autres personnes, plutôt des valides, pour témoigner de mon histoire et de ma façon de vivre le handicap. C’est une histoire de partage.

Dans les écoles Je fais de la sensibilisation auprès des collèges et des lycées mais aussi d’autres profils éducatifs et des professionnels. J’amène de la confiance et je suis ouvert aux questions. Parfois les réactions sont amusantes, comme ce petit élève de CP qui m’a demandé pourquoi j’avais des chaussures !

Auprès des transports urbains briochins... Quand je suis arrivé à Saint-Brieuc, les bus n’étaient pas adaptés, j’ai eu quelques mésa- ventures qui m’ont fait prendre contact avec les Tub. Depuis, j’interviens dans la formation ac- cessibilité des chauffeurs. Dans ce cadre, je viens échanger avec eux sur l’accueil des personnes handicapées dans le cadre de leur travail, lever les barrières comme aider ou ne pas aider ? Si la personne valide veut aider la personne handicapée, il suffit juste de lui demander ! Bien souvent, le côté humain l’emporte, il y a beaucoup de questions sur mon histoire. Je participe aussi à la validation des profils qui demandent à bénéficier du service Mobitub, un service spécifique pour les personnes handicapées.

Commission d’accessibilité de la ville de Plérin Je prends part aux discussions sur la mise en accessibilité des structures et des bâtiments publics. Je ne m’arrête pas à mon handicap. Là, il s’agit de mobilité réduite. Cela concerne les malvoyants, les malentendants, les parents avec des poussettes, les personnes âgées... Il faut aussi penser à faciliter la vie des aidants. Mais il y a la volonté de faire et les choses progressent dans le bon sens.

Entre valides et handicapés C’est important pour moi d’apporter ma contri- bution à tous ces niveaux. On a beau avoir un handicap, on peut essayer de le surmonter et ça s’est avéré positif pour moi. C’est un plaisir de répondre aux questions pour que personne ne reste sur ses mots, ses a priori. Cela participe à créer un climat de confiance entre les valides et les handicapés.

En dehors de tout ça... J’ai toujours fait du sport pour ne pas me lais- ser manger par la maladie. Basket, natation, musculation et, aujourd’hui, self-défense. Je vais beaucoup au cinéma et sur des festivals de musique avec des amis, je voyage en train. J’ai même une tente décathlon qui se déplie toute seule et que j’arrive à replier !

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