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SERGE ANDRIEUX - Moissonneur d'images


Le lamballais Serge Andrieux, initiateur d’une série de livres photos documentés intitulée «Lamballe Aut’faï»*, s’affaire à concrétiser le sixième tome. Histoire d’une aventure qui inscrit celle d’un homme dans le Lamballe d’Astour*.


Par Marie-Laure Ribault-Charles

Photos : Noémie Lefèvre, tous droits réservés.


l avait pourtant dit qu’il n’y aurait pas de sixième opus à la série « Lamballe Aut’faï ». Oui, mais. Il y a toujours quelqu’un pour venir lui déposer des photos retrouvées dans un grenier, dans des archives familiales... « des fois que ça puisse m’intéresser » ! Alors il a cédé au chant des si- rènes : « Allez, s’il vous plaît, il faut en faire un autre ». Et à l’appel de son cœur : replonger dans les clichés que des anonymes lui ont déposés, en sélectionner 50, voir les pages se dessiner sous ses yeux... « Je suis encore à la recherche de photos pour le nouveau livre, s’il y a des personnes qui en ont... ». Le numéro six sera disponible en fin d’année.

30 000 photos Comme bien des aventures, l’épopée de « Lamballe Aut’faï » débute par hasard. Le pho- tographe numérisait, depuis 2004, d’anciens clichés pour des clients. « Un jour, je me suis arrêté sur une photo et je me suis posé beaucoup de questions... comme, qui était sur cette image ? Sans savoir pourquoi, je l’ai mise de côté ». Les années passent et le stock de photos grandit. Environ 30 000 aujourd’hui. Le membre de l’association Le Comptoir des Arts propose de réaliser une exposi- tion extérieure, en partenariat avec la mairie. Une vingtaine de photos prennent place dans l’es- pace public grâce à un partena- riat avec Intermarché, puis l’hô- pital et, enfin, un accord avec le Haras national. « Je pensais que cela serait éphémère mais j’ai été abordé dans la rue par quelqu’un qui regrettait qu’il n’y ait pas le nom des personnes présentes sur les photos, et une autre personne avait reconnu sa mère... ».

De l’expo au livre Dans son escale à l’Ehpad de Lamballe, l’expo sera l’objet « d’un travail de mémoire avec les aînés. Nous avons noté tous les souvenirs que leur évoquaient les photos, c’était grandiose. La satisfaction était telle que j’ai eu envie de continuer ». De 2012 à 2016, les clichés s’ex- posent sur les grilles du Haras, à l’Intermarché, dans l’enceinte de l’hôpital... « Il y a eu une édition en partenariat avec les commerçants et les particuliers, c’était une aventure incroyable». En 2016, un touriste questionne l’office de tourisme : y a-t-il un livre qui compile toutes les pho- tos de l’expo ? L’info parvient au photographe et au Comptoir des Arts. La recherche d’un éditeur est lancée. « Nous n’en avons pas trouvé, alors nous avons lancé une souscription. Ça a hyper bien marché ! »

Dynamique collective Toute une équipe entoure Serge pour réaliser le premier tome de 208 pages. « Je garde un souvenir impressionnant des débats autour des photos, c’était trop beau. Cette dynamique collective autour de notre patrimoine à tous, dont certains natifs d’ici, m’a énormément appris». Tiré à 750 exemplaires, l’équipe reçoit le premier livre le 10 décembre. Il est écoulé en une semaine. « Nous n’en avions pas assez pour répondre à la demande, nous avons réédité 600 exemplaires. Ils sont arrivés le 15 janvier. Le 30, il n’y en avait plus. Nous avons fait une troisième commande ! ».

« J’avais dit : il n’y aura pas de sixième. Mais j’avoue que j’ai un manque »


Il n’y aura pas de 6e Ce premier succès a été un véritable appel d’air : « d’autres photos sont arrivées, un se- cond livre est né et imprimé à 1200 exemplaires. À peine était-il sorti que d’autres photos m’étaient déposées en prévision d’un troisième ». Serge l’édite à compte d’auteur, à 1000 exemplaires avec des précommandes. Et ainsi de suite, jusqu’au cin- quième. Qui devait être le der- nier. « J’avais dit : il n’y aura pas de sixième. Mais j’avoue que j’ai un manque ». Son sourire en dit long. « Le hasard du collectage, toute cette mémoire collective, tous ces sourires que l’on m’a offerts... Le plaisir qu’on a à reconnaître des gens... ». Bref, le sixième est bel et bien en route ! Et le succès de Lamballe Aut’faï dépasse les frontières lambal- laises. Les livres partent « beau- coup à Paris, dans le Sud de la France », mais aussi quelques exemplaires ont pris le chemin de l’Allemagne et du Québec. Les bénéfices financent les exposi- tions annuelles.

Passer ma passion Pour Serge, la photo, c’est une passion : « j’ai du plaisir à faire des photos et à jouer avec la technique ». Dans ses sujets préférés de photographe amateur : les groupes de musique. Carlos Santana, Joan Baez, Dire Straits... « J’aimais réaliser des flous avec leurs mouvements». Ses expos tournent à partir de 1990, une dizaine d’années après sa rencontre avec un appareil photo argentique. Une révélation : « j’avais réussi à faire les photos, je me suis épris pour la technique et j’ai réalisé que je semblais fait pour ça ». Il abandonne son mé- tier de dessinateur-projeteur dans un bureau d’études, pour celui de photographe, en 2004. En parallèle, il s’investit comme animateur photo au Comptoir des Arts « pour transmettre ma passion ». Avec la satisfaction de voir que certains de ses élèves sont, aujourd’hui, des photographes professionnels. Nul doute que le moissonneur d’images a conquis Lamballe Astour !

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